Nouvelle imprimerie de la Banque de France

Monsieur André Chassaigne interroge M. le ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique sur l’avenir du projet Refondation de la Banque de France visant à construire une nouvelle imprimerie fiduciaire.

La Banque de France, avec ses sites de Chamalières et de Vic-le-Comte dans le Puy-de-Dôme, est le premier imprimeur public européen. Ses sites de production et la conscience professionnelle de ses agents constituent des outils essentiels pour assurer la confiance du public dans la monnaie, garantir sa qualité et lutter efficacement contre la corruption et la fraude.

Annoncé depuis 2018, le projet de modernisation de l’imprimerie de billets basée à Chamalières, baptisé Refondation, prévoit la construction d’une nouvelle imprimerie fiduciaire sur le site de Vic-le-Comte, pour un montant d’investissement estimé de 250 millions d’euros. Ce projet vient d’être une nouvelle fois suspendu.

Pour justifier ce nouveau retard, le Conseil Général de la Banque de France affirme que la décision de construction était conditionnée à la mise en œuvre des plans de compétitivité industrielle. Sur ce prétexte, la direction de la Banque a menacé, le 9 juin dernier, d’abandonner le projet au regard de « l’opposition d’une catégorie de personnels » à cette réorganisation industrielle, qui prévoit notamment la suppression de 18 postes d’imprimeurs.

Si une majorité des agents chargés de l’impression sont en effet mobilisés pour leurs conditions de travail et le maintien des emplois depuis plusieurs mois, la mise en cause de leur action syndicale pour tenter de justifier l’arrêt de ce projet apparaît, pour le moins, comme une manœuvre grossière.

Ce projet comprend en effet des enjeux majeurs tenant à notre souveraineté monétaire et industrielle. La création d’une usine intégrée jouxtant la papeterie de Vic-le-Comte est indispensable pour répondre aux objectifs de modernisation et de sécurisation de la production, et permettre de rester un pilier public européen de la fabrication des billets. 20 millions d’euros ont déjà été engagés. Par ailleurs, des efforts considérables ont déjà été effectués et sont encore prévus pour réduire les coûts de revient des billets conformément aux objectifs fixés.

Ainsi, la tentative de renvoi de la responsabilité de l’aboutissement de ce projet sur la base d’une action sociale des personnels ne saurait cacher les ambiguïtés récurrentes du Conseil général de la Banque de France, portant à la fois sur les perspectives de production et sur les velléités d’externalisation et de privatisation de la mission régalienne de production de billets. Les menaces de délocalisation hors du territoire national de tout ou partie de la production apparaissent irresponsables, alors même que l’Etat affirme sa volonté de réindustrialiser le pays et de renforcer son indépendance sur des secteurs clés.

Aussi André Chassaigne souhaiterait connaître la position de Monsieur le Ministre sur cet enjeu fondamental de maîtrise publique et industrielle de notre monnaie, et s’il compte demander à la Banque de France de lever toute incertitude sur le remise en cause du projet Refondation.

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Question N° 9681 de M. André Chassaigne
Question publiée au JO le : 04/07/2023

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